Académie Nationale de Metz - Sciences Arts Lettres

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Agenda des Académiciens

Mise en ligne le 09-06-2012

13 octobre 2011

Maurice Pottecher et le théâtre populaire de Bussang

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 13 octobre 2011 de M. Ferdinand STOLL

 

Le concept de Théâtre du Peuple, avec sa devise « Par l’art, pour l’Humanité » a été appliquée pour la première fois à Bussang en été 1895 et se caractérisait à l’époque par la gratuité du spectacle offert par des amateurs pendant les fêtes chômées. Il s’agit d’un théâtre de plein air avec une scène couverte qui subira des améliorations techniques au fil du temps.

Le conférencier passe en revue un tiers des 28 pièces légendaires écrites par Maurice  Pottecher en insistant sur son chef-d’œuvre, Le château de Hans, écrit en 1908. Il esquisse les différentes étapes de l’évolution dramaturgique en mentionnant les principaux régisseurs succédant à Maurice Pottecher, à savoir Pierre Richard-Willm, Tibor Egervari et Jean Cholet.

En dernière partie, il évoque les évolutions parallèles, à savoir le passage du théâtre au cinéma réalisé par Marcel Pagnol, les différents théâtres populaires de Gemier à Vilar, ainsi que les festivals estivaux contemporains dans lesquels le Théâtre de Bussang finira par s’intégrer.


Mise en ligne le 09-06-2012

13 octobre 2011

La sculpture du portail de Notre-Dame-la-Ronde de la cathédrale de Metz

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 13 octobre 2011 de M. le chanoine Gabriel NORMAND

 

Quand on visite la cathédrale Saint-Etienne de METZ, il y a tant de richesses architecturales à admirer, côté sud et à l’intérieur, que l’on risque souvent, par manque de temps, de ne pas aller jeter un œil du côté nord pour regarder de près les sculptures qui ornent le portail principal de l’église Notre-Dame-la-Ronde.

Construit, au 13e siècle, à la suite des tours de Saint-Etienne, des travées de la nef de la cathédrale et du chœur de l’église Notre-Dame, le portail comporte des panneaux sculptés de part et d’autre de l’embrasure.

Ces panneaux, mutilés lors de la Révolution française et par l’érosion de la pierre de Jaumont, ont été l’objet de restaurations plus ou moins importantes au cours des siècles suivants. Les trois panneaux du côté gauche sont les plus rénovés et de très nombreux bouchons sculptés ont remplacé les reliefs originaux dont nous n’avons pas de descriptions. Quand cela a-t-il été réalisé ? M. Chabert nous indique une campagne de restauration durant l’année 1860 par le sculpteur Petitmangin sous les ordres de M. Racine, architecte diocésain. Mais n’y a-t-il pas aussi la main du sculpteur Auguste Dujardin, sous la houlette de Paul Tornow, lors des campagnes de restauration durant la période de l’Annexion ?

Les travaux de nettoyage et de consolidation de la façade nord durant les années 1980 ont donné l’occasion de faire disparaître les calcifications et autres encroûtements des pierres de ce côté exposé aux intempéries. Cette opération a fait réapparaître nettement les marques de ces restaurations antérieures pour la partie latérale gauche. Celle de droite  ne montre pas de bouchonnage comme sur la partie en face, mais elle a fait apparaître des restes de polychromie. Ces traces nous montrent que, comme à Amiens, Reims, et dans bien d’autres endroits, les sculptures des portails étaient hauts en couleur. De même, dans le portail d’angle de Notre-Dame-la-Ronde, des traces de couleurs ont été relevées lors de la dernière restauration des années 2000. Une étude de cette polychromie a été réalisée par l’architecte en chef. Hélas, il semblerait qu’aucune étude n’ait été réalisée sur la polychromie du portail nord. Et les traces qui en restent risquent bien de disparaître à moins que les couches de poussière de la pollution actuelle ne les protège.

Enfin tels qu’ils nous apparaissent encore aujourd’hui, ces panneaux sculptés veulent rappeler à ceux qui entrent dans la cathédrale par cette porte [1] que le monde dans lequel nous vivons est un monde marqué par la violence des forces du mal, symbolisées par tous les animaux fantastiques et les lutteurs aux prises avec eux et entre eux. Mais au milieu, du côté droit, il y a la victoire de la Sainte Croix sur la mort – symbolisée par la résurrection du jeune homme touché par la « vraie croix ».

Puissent-ils encore longtemps transmettre cette Bonne Nouvelle.


Mise en ligne le 26-07-2012

3 novembre 2011

Monsu Desiderio, mystère et historiographie

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 3 novembre 2011 de Mme Monique SARY

 

Il s'agit de montrer combien la recherche de l'origine lorraine des deux artistes Didier Barra et François de Nomé a mobilisé de nombreux spécialistes et particulièrement deux personnages qui s'y sont consacrés à fond :
Félix Sluys et Henri Tribout de Morembert. Une relation très humaine s'établit entre eux que les échanges de courrier permettent de mettre en valeur sans que le travail sur l'histoire et sur l'art soit jamais perdu de vue.


Sans être spécifiquement structuré mon exposé se présente en deux parties autour de deux longues marches.Les documents qui nourrissent mon propos de cet après-midi sont en grande partie inédits. A travers ce dialogue c'est aussi une image des deux peintres qui se construit sans que tous les mystères soient levés.
C'est pourquoi, une suite pourra être proposée aux membres de notre Académie.


Mise en ligne le 08-11-2012

Séance mensuelle du jeudi 8 novembre 2012

Communication de Madame Germaine GOETZINGER, membre correspondant : "Aline Mayrisch-de Saint Hubert : féministe engagée, philanthrope éclairée, femme de lettres éminente".

 

Résumé

Aline Mayrisch est née à Luxembourg en 1874, à une époque où les femmes n’ont ni droit de parole, ni accès aux études supérieures. Son éducation la prépare au mariage et au train de vie d’une dame de la bourgeoisie aisée. Cependant son intérêt pour la littérature et l’art, son engagement vis-à-vis de la condition féminine, son désir de philanthropie la poussent à transgresser les limites qui lui sont imposées par sa situation sociale et son sexe et de jouer son rôle dans la construction d’un ordre plus libre, plus juste où l’égalités des chances ne reste pas lettre morte.

 

Nombreuses sont les réalisations d’Aline Mayrisch : la création d'un Lycée de Jeunes Filles à Luxembourg, qui garantit aux jeunes filles l'accès aux universités et aux carrières dites libérales, une enquête sociale dans les faubourgs de la ville de Luxembourg, la création de dispensaires pour nourrissons et des dispensaires antituberculeux, la professionnalisation du travail social par l’introduction de la carrière de l’infirmière visiteuse, la construction d’une nouvelle maternité à Luxembourg.

 

À côté de son engagement féministe et social, ce sont les arts et les lettres qui attirent le plus Aline Mayrisch. À Colpach dans son château, elle accueille un nombre impressionnant d'intellectuels français, belges et allemands qui profitent de ce lieu privilégié pour renouer après la Grande Guerre avec la culture allemande voire française et pour discuter et concevoir l'Europe future en se fondant sur sa culture. Parmi les hôtes de Colpach, le plus en vue est André Gide. Sa bonne maîtrise de l'allemand vaut à Aline Mayrisch d’être la conseillère de Gide en ce qui concerne ses lectures allemandes et de superviser la traduction de ses œuvres en allemand. En retour, reconnaissant ses qualités littéraires, Gide lui permet de collaborer à la Nouvelle Revue Française, où elle présente Rilke et son œuvre aux lecteurs français et où elle publie en 1911 un récit de voyage autobiographique Paysages de la trentième année.

 

 

Communication de Monsieur Jean-Bernard LANG, membre associé libre : "La seconde vie de Raphaël Lévy".

 

Résumé

Il y a quelques années, à la requête de la nouvelle municipalité, une rue de Metz a été débaptisée afin de lui donner le nom de Raphaël Lévy, juif habitant Boulay, mais faussement accusé à Metz de crime rituel et brûlé sur le bûcher après un procès instruit devant le Parlement de Metz.

Cette monstrueuse erreur judiciaire était connue depuis longtemps mais elle a paru emblématique à un écrivain qui avait jusqu’alors consacré la plus grande partie de son œuvre à l’étude des juifs de France au XIXe siècle, et donc aussi de l’affaire Dreyfus.   Nul ne doute que c’est dans le cadre de la lutte, indispensable, contre l’antisémitisme, que le rapprochement entre Raphaël Lévy et Alfred Dreyfus a été fait, et que le maire de Metz a décidé de faire ce geste. Mais la société et l’équilibre des pouvoirs, à plus de trois siècles d’intervalle n’étaient pas comparables. L’objet de cette communication est de montrer comment l’intendant  Jean-Paul de Choisy, représentant à Metz son maître le roi de France, et donc un régime autoritaire, fut finalement plus efficace dans la défense des juifs, que les dirigeants démocratiquement élus de la Troisième République.

Certes il ne put empêcher l’exécution du malheureux Raphaël Lévy, mais cela peut s’expliquer par un concours de circonstances malheureuses : imbroglio des pouvoirs judiciaires de l’époque, sourdes luttes intestines, dirigées à la fois contre les juifs et l’autorité royale, et aussi tensions politiques entre Lorraine et Trois-Évêchés.


 

 

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