Académie Nationale de Metz - Sciences Arts Lettres

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Agenda des Académiciens

Mise en ligne le 09-06-2012

2 février 2012

La prise en compte de la valeur de la vie humaine dans les décisions publiques : le cas des infrastructures de transport

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 2 février 2012 de M. Jacques SICHERMAN


Il peut paraître choquant d'attribuer une valeur à la vie humaine pour l'utiliser dans l'élaboration de décisions publiques. La vie d'un être humain n'est-elle pas infinie par nature ? Lui attribuer un montant monétaire au même titre que des objets qui s'échangent sur un marché n'est-il pas moralement inacceptable ? Et n'est-ce pas à de telles extrémités que nous entraîne la tendance à fonder sur des analyses purement économiques des décisions publiques qui devraient être le résultat de délibérations de responsables légitimés par les institutions démocratiques ?
La communication montre pourtant comment les collectivités publiques, sans toujours s'en rendre compte, font en réalité systématiquement des choix qui reviennent implicitement à attribuer une telle valeur à la vie humaine, et comment les individus font de même en choisissant des activités ou des comportements plus ou moins risqués
La communication expose comment il est possible d'améliorer, y compris au regard du respect de la vie humaine, les décisions publiques en explicitant clairement la valeur qui lui est attribuée, et comment cela se manifeste, en France, dans les décisions qui portent sur les grandes infrastructures de transport.
Elle examine aussi les difficultés que ces méthodes soulèvent, en théorie comme en pratique


Mise en ligne le 09-06-2012

2 février 2012

Marguerite de Valois, une femme d'engagement

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 2 février 2012 de M. Raymond OLIGER

 

Ce titre laisse entrevoir d'entrée que la reine Marguerite est très probablement bien différente de la reine Margot mise en scène par Alexandre Dumas. En effet, nous voilà en présence d'une princesse royale, reine sans véritable royaume, au beau milieu des guerres de religion, et dont la destinée se complexifie tout au long de son histoire personnelle : elle sera a la fois fille (de Catherine de Médicis), femme (épouse de Henri IV), amante, diplomate au service de causes royales, esprit brillant, femme de lettres, dévote éclairée et même defenseure de la cause féminine.
Ce sont ces aspects qui sont examinés selon  le plan suivant :
- 1 Marguerite de Valois, une reine au cœur d une époque troublée.
- 2 Une femme de lettres, d'art et de culture
- 3 Une reine d'engagement.


Mise en ligne le 09-06-2012

6 janvier 2012

Sous l'annexion de 1871, la seconde vague du protestantisme messin

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 5 janvier 2012 de M. Pierre BRONN

 

La courbe démographique du protestantisme messin fait apparaître une évolution en deux vagues successives, séparées par un creux de deux siècles : la seconde vague correspond très exactement à l’annexion allemande de 1871 et est liée au double mouvement de population de cette époque : émigration massive des Messins dans le cadre de l’option prévue par le traité de Francfort, immigration d’Allemands dont une forte proportion de protestants. La communauté protestante, initialement de tradition réformée, doit dès lors faire face à plusieurs problèmes : intégrer le flot des nouveaux arrivants qui très rapidement submerge les autochtones, répondre aux aspirations cultuelles de ses nouveaux paroissiens issus majoritairement de l’Eglise Unie, faire le choix d’une Eglise de rattachement pour faciliter ses relations avec les autorités du Reichsland (et ce choix sera longtemps hésitant, faute d’un consensus interne), obtenir de l’administration municipale l’autorisation de construire un nouveau temple suffisamment vaste et rassembler les fonds nécessaires. Curieusement la paroisse du centre-ville, dont le lieu de culte dans l’ancienne église des Trinitaires apparaît d’emblée trop exigu, accaparée par les problèmes du Consistoire, ne parviendra à concrétiser le projet du Temple Neuf qu’après trente années de démarches, en 1904 ; trois projets seront finalisés bien avant, chacun dans des conditions bien différentes : le temple de garnison tout d’abord, dont les aumôniers bénéficient d’appuis en haut lieu, offre ses 2400 places dès 1881 ; les communautés luthérienne  et de Montigny, avec de faibles moyens, parviennent à construire leurs lieux de culte, respectivement ouverts en 1893 et 1894, en un temps record. Un nouvel équilibre confessionnel en découle. Au départ les pasteurs messins seront choisis parmi les diplômés alsaciens de la faculté de théologie de Strasbourg, puis à partir du tournant du siècle parmi les immigrés, ce qui marque une évolution vers une germanisation militante et accroît encore les difficultés interconfessionnelles, cristallisées autour du problème des mariages mixtes ou de la querelle des cimetières.     


Mise en ligne le 09-06-2012

5 janvier 2012

Le comté de Vaudémont : une principauté en Lorraine médiévale (Xe-XVe siècles). Bilan et perspective d'une recherche

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 5 janvier 2012 de M. Gérard GIULIATO

 

La période Xe-XVe s. se caractérisa par le triomphe des principautés, nouvelle forme d’organisation des pouvoirs. Si les grandes principautés comme l’évêché de Metz, le duché de Lorraine ou celui de Bar sont assez bien étudiées, il n’en va pas de même pour les petits comtés ou les seigneuries châtelaines. Afin de corriger ce déséquilibre, nous avons choisi de nous pencher sur une entité de taille intermédiaire, le comté de Vaudémont créé en 1070 au détriment du duché de Lorraine, au cœur de celui-ci. Dans un premier temps, la recherche porta sur le réseau défensif qui structura le territoire autour de huit châtellenies dont Vézelise, Pont-Saint-Vincent et Châtel-sur-Moselle. Les résultats qui croisent les sources écrites et les sources archéologiques furent publiés en 2008 dans l’ouvrage « Châteaux et villes fortes du comté de Vaudémont ». Ce travail fut l’occasion de rencontrer des documents rares et peu connus qui conduisirent à élaborer un second programme conduit par une équipe pluridisciplinaire. Il consiste à se pencher sur les lieux, les chartes et les objets laissés par ces princes et tenter de montrer comment ils expriment les mentalités du pouvoir seigneurial dont ils sont les images et les symboles. On envisagera en premier lieu le site de Sion-Vaudémont puis le village de défrichement de Damas-aux-Bois.  Les chartes comtales antérieures à 1243 offrent une seconde source qu’il convenait d’éditer pour comprendre la politique religieuse, l’administration du domaine et  la justice. A travers l’étude des sceaux, des armoiries et des monnaies, se précise l’identification ostentatoire du lignage et ses ambitions politiques.

La piété des comtes se révèle à travers les vestiges de l’église de Sion dont ils favorisèrent le pèlerinage mais aussi dans ceux de la collégiale de Vaudémont fondée en 1326. De cet établissement détruit au XVIIIe s., subsistent de remarquables fragments de retables et les tombeaux d’Henri III († 1347) et d’Antoine († 1458) aujourd’hui déposés au Musée Lorrain.

L’enquête mériterait d’être étendue à d’autres familles seigneuriales à titre comparatif. Elle permettrait de replacer la Lorraine dans une réflexion menée en Europe sur les origines médiévales de l’Etat et cela dans une région d’Empire très longtemps attachée aux pouvoirs locaux et très réticente au pouvoir centralisé.


Mise en ligne le 09-06-2012

8 décembre 2011

Sigebert de Gembloux

Résumé de la communication de la séance mensuelle du 8 décembre 2011 de Mme Mireille CHAZAN

 

La Direction générale du patrimoine a décidé de placer une notice sur Sigebert de Gembloux dans le recueil des célébrations nationales de 2012 : Sigebert est-il français ? Sa vie et son oeuvre l’enracinent dans la Lotharingie de la seconde moitié du XIe siècle et du début du XIIe siècle, c’est-à-dire dans l’Empire allemand. En effet, formé dans la grande abbaye liégeoise de Gembloux, il passe une vingtaine année à Saint-Vincent de Metz où il enseigne et écrit; puis il regagne son monastère d’origine et participe brillement à la défense des empereurs dans le grand conflit qui les oppose aux papes; dans ce contexte, il compose une chronique universelle qui vise entre autres à fournir des arguments au camp impérial. Néanmoins la qualité de cette chronique en fait une source privilégiée pour les historiens français du XIIIe siècle, notamment pour Vincent de Beauvais dans son Speculum historiale. Cette œuvre, qui rencontre un immense succès, est rapidement traduite en français. À partir de là, dans l’historiographie, Vincent de Beauvais et Sigebert de Gembloux sont très souvent associés et cités ensemble, au point que l’humaniste Jean Bodin peut parler de « Sigebert le français ».


 

 

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