Académie Nationale de Metz - Sciences Arts Lettres

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Agenda des Académiciens

Mise en ligne le 19-02-2016

4 février 2016

Séance mensuelle 4 février 2016

SEANCE MENSUELLE DU 4 FEVRIER 2016

Communications  de :

 

 

Mme Germaine GOETZINGER, membre associé libre :

 

 Le Journal de Michel Welter,

 député et ministre socialiste

(1914-1916)

Le Journal de Michel Welter est un des documents historiques majeurs sur la Première Guerre mondiale au Luxembourg. Il est d’autant plus important que dans la mémoire collective, la Première Guerre mondiale est en retrait par rapport à la Deuxième et par conséquent assez mal connue. C’est un texte hybride, à mi-chemin entre le journal littéraire et le document politique qui évoque le positionnement marginal et précaire d’un pays coincé entre les nations belligérantes.

La conférence présente dans un premier temps le contexte historique à la veille de l’année 1914 ainsi que l’auteur du journal, le député et ministre socialiste Michel Welter. Depuis 1867, le Luxembourg bénéficie du statut de pays neutre. Cette neutralité non armée lui a été imposée par les grandes puissances européennes réunies à Londres, en réponse à la tentative de Napoléon III d’acheter le Grand-Duché. Or depuis 1890, la maison régnante est la dynastie allemande des Nassau-Weilburg et du point de vue économique, le pays a rejoint en 1842 l'union douanière allemande dont elle restera membre jusqu’en 1919.

Dans un deuxième temps, la conférence analyse les relations de Michel Welter avec le ministre d’État Paul Eyschen et la Grande-Duchesse Marie-Adélaïde. Si Welter reconnaît que l’objectif d’Eyschen est de garantir au Luxembourg la plus grande autonomie possible, il l’accuse non moins violemment d’irresponsabilité et d’inertie. Il reproche à Marie-Adélaïde que dans un mouvement d’opportunisme, elle ait reçu l’Empereur dans son Palais pour s’assurer sa protection et sauver son trône. Pire encore, il la soupçonne de vouloir instaurer le régime personnel et de se laisser instrumentaliser par la droite pour renverser le gouvernement porté par le Bloc de gauche.

La troisième partie traite des relations franco-luxembourgeoises. Bien que Michel Welter sache que bon nombre d’industriels et de curés ont une attitude proallemande, il reste persuadé que la majorité des Luxembourgeois sont francophiles. Comme ils aiment manifester leurs sympathies pour la France, l’ambassadeur allemand Wilhelm von Buch intervient plus d’une fois auprès d’Eyschen, afin qu’il intervienne. Or le gouvernement français en voulait à Eyschen d’avoir renvoyé l’ambassadeur français dès l’apparition des armées allemandes. Il désapprouve que les usines du bassin minier pourvoient les Allemands en fonte et en poutrelles. La France n’est donc nullement disposée à venir en aide au Grand-Duché. Non seulement elle fait bombarder la gare de Luxembourg et les aciéries du Sud du pays, mais elle prépare un accueil glacial à Henri Vannérus qu’Eyschen avait envoyé à Paris pour obtenir de la France l’accord pour importer des vivres des États-Unis.

 

 

 

M. Denis SCHAMING,membre associé libre :

 

 Jacques Thuillier, un bienfaiteur

de la Moselle et de la Lorraine.

 

 

La communication se propose de rendre hommage et de rappeler la mémoire d'une personnalité exceptionnelle du monde de l'histoire de l'art,récemment disparue : Jacques THUILLIER.

Brillant universitaire,intellectuel talentueux mais aussi collectionneur avisé et inspiré,peintre et artiste à ses heures perdues ,Jacques THUILLIER aura durablement marqué son temps ,livrant à la postérité un Traité sur sa discipline de prédilection et de nombreux ouvrages et catalogues qui feront autorité longtemps encore .

Jacques THUILLIER et son frère Guy sont aussi des donateurs particulièrement généreux .Leur geste a permis  à deux établissements muséaux lorrains : le Musée des Beaux Arts de Nancy et le Musée Georges de la Tour de Vic sur Seille de bénéficier de collections d'un grand intérêt artistique et historique ,renforçant du même coup la notoriété et le rayonnement international de ces deux Musées de France " .

 


Mise en ligne le 02-02-2016

7 janvier 2016

Séance mensuelle 7 janvier 2016

SEANCE MENSUELLE 7 JANVIER 2016

Accueil de deux nouveaux membres :

 

Mgr Jean-Christophe Lagleize, membre d’honneur

 

 et

 

M. Philippe Leroy, membre associé libre

 

 

 

Communication de M. Pierre BRONN, membre titulaire :

 

 L’hôpital Saint-André de Metz :

 

 initiative privée et service public

 

Les années 2012-2013 ont été marquées à Metz par une restructuration hospitalière  qui a amené trois des cinq établissements du centre-ville à s’établir en périphérie ; parmi eux l’hôpital Saint-André, fondé en 1956 par les Sœurs de Peltre. Cette congrégation, consacrée majoritairement à l’enseignement, qui animait déjà l’école d’infirmières de la Croix-Rouge, concrétisait à cette date un projet original, celui d’un hôpital-école, mieux d’une cité hospitalière, à la fois terrain de stage et lieu d’hébergement pour les élèves et les religieuses. A cette fin elle acquiert un ensemble d’hôtels particuliers du milieu du XVIIe siècle, qu’elle va réhabiliter pour lui conférer les fonctionnalités d’un hôpital, avant de procéder aux recrutements nécessaires de médecins et de soignants.

Durant le demi-siècle de son existence l’établissement doit faire face à des mutations incessantes. Enserré dans un quartier historique, il est confronté à la nécessité permanente d’étendre ses locaux pour faire face aux besoins croissants de ses des plateaux techniques et aux exigences de confort. La laïcisation du personnel bouleverse la gestion des ressources humaines. L’évolution sans précédent de la médecine lui impose la spécialisation de son activité pour le maintien d’un haut niveau de performances et la recherche de complémentarités notamment avec les hôpitaux Belle-Isle et Sainte Blandine. L’encadrement par les tutelles des ressources budgétaires et le renforcement des normes conduit enfin une restructuration hospitalière qui apparaît seule pouvoir répondre au maintien simultané de l’équilibre budgétaire et d’un équipement de pointe ; ainsi naissent en 2008 les Hôpitaux Privés de Metz. La conséquence en est la fermeture de Saint-André et le transfert de son activité sur le nouvel hôpital Robert Schuman, en y maintenant ce qui a fait sa force : ses valeurs humanistes et la réactivité de l’initiative privée au service du public.

 


Mise en ligne le 05-01-2016

10 décembre 2015

Séance mensuelle jeudi 10 décembre 2015

SEANCE MENSUELLE JEUDI 10 DECEMBRE 2015

Communications de

 

* M. Jacques SICHERMAN,membre titulaire

 

 

 Le public et les experts :

 un divorce inéluctable?

 

La méfiance grandissante du public vis à vis des experts est un constat que chacun peut faire, et que font aussi les sociologues. Elle rend laborieux et parfois même violents certains débats publics sur des questions d'infrastructures, de santé ou d'autres sujets. La communication présentée à l'Académie tente de repérer l'origine de l'élargissement considérable d'une fissure qui a toujours existé, mais dont Condorcet pensait que la généralisation de l'instruction publique permettrait de la refermer ; et elle fait apparaître à quel point il serait bien plus simple qu'il n'y paraît, de mettre à la disposition du plus grand nombre les outils d'analyse qui permettraient à chacun de se construire, avec l'aide d'experts, ses propres positions dans les décisions publiques qui le concernent, quand les sous-tendent des raisonnements scientifiques. Il ne faut pas abandonner l'ambition de Condorcet.

  

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* Mme Rosette CHONÉ, membre titulaire

  

 

Aldo Manuzio,

imprimeur-éditeur

et humaniste

 (1450-1515)

 

 Aldo Manuzio (1450-1515), est originaire de Bassiano, au sud de Rome. Après ses études de latin à Rome et de grec à Ferrare, universités où il a rencontré les érudits de son temps, Aldo nourrit de grands projets. D’abord précepteur des princes de Carpi, il ouvre une imprimerie à Venise et, s’entourant d’érudits de son temps, il fonde une académie afin de promouvoir l’étude et la publication de la pensée des Anciens,  celle des grecs en particulier. Ces hommes,  érudits venus de toute l’Europe, désirent faire connaître au plus grand nombre, la pensée humaine, sans distinction d’origine, de sexe ou de religion. Bien que située au coeur des guerres d’Italie que se font de nombreux princes d’Europe, Venise, sera le port d’attache de ces hommes de progrès. Ensemble, ils porteront plus loin l’invention de Gutenberg, en imaginant un nouveau format de livre et l’élégante écriture italique que nous utilisons encore aujourd’hui. Après la mort d’Aldo, son beau-père, ses amis et ses fils poursuivront un temps son œuvre. L’essentiel est qu’elle fût lancée.

 


Mise en ligne le 06-11-2015

5 novembre 2015

séance mensuelle jeudi 5 novembre 2015

SEANCE MENSUELLE jeudi 5 novembre 2015

 

Communication de M. Jean-Marie Yante,

membre correspondant

  

Voirie romaine et itinéraires médiévaux.

 Le cas de la Lorraine centrale.

 

Le propos est de déterminer dans quelle mesure le réseau routier romain (axes majeurs et voies secondaires) reste utilisé au bas Moyen Âge en Lorraine centrale. La mise en œuvre de sources diplomatiques et comptables permet le repérage des péages balisant les itinéraires médiévaux. Ceux-ci révèlent l’abandon, tout au moins la relégation au second plan, des grandes artères romaines et l’importance des routes longeant la Meurthe ou la Moselle, ainsi que d’une transversale reliant la Champagne à l’Alsace via Neufchâteau et le col de Bussang ou celui du Bonhomme. Quant aux routes assurant la diffusion du sel du Saulnois, elles restent largement tributaires du réseau romain.    

 

 

Communication de M. Jean-Frédéric Chevalier,

membre correspondant

 

Le premier humanisme latin en Italie

 face à la théologie :

entre contestation et renouvellement.

 

Peu après décembre 1315, une violente controverse oppose un notaire de Padoue, Albertino Mussato, poète couronné, à un moine dominicain. Celui-ci dénonce la prétention de la poésie à révéler la vérité. Dans la seconde moitié du Trecento, en 1362, Boccace reçoit un « avertissement céleste » délivré par un mourant : sur le point de mourir, Boccace doit renoncer à la poésie pour sauver son âme. Si le débat sur la dignité de la poésie a été étudié, notamment à travers « l’engagement » de Pétrarque, il nous a semblé intéressant de reprendre la question en inversant la perspective : chercher non plus les traces de poésie païenne (et leur signification) dans les œuvres des « humanistes » italiens du XIVe siècle, mais la réception de la pensée théologique chrétienne par ces mêmes « humanistes ». L’œuvre de Pétrarque montre ainsi que la contestation aboutit à un renouvellement de la théologie qui n’est pas en contradiction avec la dignité de la poésie. Tel est le réconfort que Pétrarque espère donner à Boccace dans une lettre écrite de Padoue le 28 mai 1362.

 


Mise en ligne le 08-10-2015

1er octobre 2015

Séance mensuelle de rentrée : jeudi 1er octobre 2015

SEANCE MENSUELLE 1er octobre 2015

Communication de Mme Christiane Massel, membre associé libre :

 

La cité-jardin de Hagondange.

Un modèle urbain unique en Moselle.

 

Émanation de la puissance de l’industriel allemand Auguste Thyssen en Moselle annexée, l’usine sidérurgique d’Hagondange voit apparaître son pendant indispensable en matière de logement pour le personnel.  Dès 1910, une cité, non pas ouvrière, mais une véritable « cité-jardin » y est  érigée, selon des préceptes nés en Angleterre, repris en Allemagne, qui instaurent le végétal comme matériau premier du cadre bâti et du bien-être.

L’usine a disparu depuis ; la cité-jardin, quant à elle, n’est jamais tombée en déshérence, tout au contraire. C’est l’occasion de la re-découvrir.

 

 

 

 

 

Communication de M. Émile Decker, membre correspondant :

 

Utzschneider et la céramique anglaise :

à la quête d’un idéal.

 

 

A la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, on constate en Europe un engouement particulier pour la céramique anglaise : celle-ci concurrence de manière sévère les productions locales sur le continent. En France des entrepreneurs sont à la quête des « recettes » qui permettent de réaliser des objets ayant les mêmes caractéristiques technologiques et les mêmes qualités esthétiques que celles qui sont proposées par l’Angleterre. A Sarreguemines, Paul Utzschneider réussit par ses recherches à créer, des céramiques –faïences et grès- qui peuvent concurrencer celles du Staffordshire. Ses travaux provoquent l’admiration du jury lors des Expositions nationales des produits de l’industrie et lui valent les distinctions les plus prestigieuses


 

 

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