Académie Nationale de Metz - Sciences Arts Lettres

L'UTILE - devise de l'Académie depuis 1760

Agenda des Académiciens

Mise en ligne le 03-04-2014

6 mars 21014

Séance mensuelle des académiciens : jeudi 6 mars 2014

 

 

Communication de Maître Catherine BONICHOT, membre correspondant :

 

Le notariat en moselle de 1870 à 1925 :

quel choix, pour quel avenir ?

 

Quelles sont les conséquences de l’annexion sur le notariat alsacien mosellan et son fonctionnement entre 1870 et 1925 ?

I – Le notariat alsacien mosellan après l’annexion

A)     Les conséquences pour les études et les hommes :

Principalement sur trois points :

- introduction de la non patrimonialité

- démission et départ massif des notaires : les modalités de leur indemnisation – installation de notaires allemands

- réduction du nombre des études dans les trois départements d’Alsace Moselle, encore perceptible aujourd’hui

B)      Les conséquences sur la rédaction des actes notariés.

II – Le retour de l’Alsace Moselle à la France

Ces conséquences pour le notariat

A)  A nouveau,  départ et démission des notaires

- la non patrimonialité des charges est maintenue

C)      La loi du 1er juin 1924 portant introduction du droit civil et du droit commercial français

La loi du 17 juillet 1925 qui concerne uniquement le notariat

Conclusion : l’avenir du droit local et du statut du notariat alsacien mosellan

Tant il est vrai que le droit local et le statut du notariat alsacien mosellan sont étroitement liés

 

Communication de M. Charles HIEGEL, membre titulaire :

 

Sous la main de la Nation : les bibliothèques

confisquées en Moselle sous la Révolution.

 

La Révolution de 1789 est marquée par un transfert sans précédent au profit de la Nation de bibliothèques privées, conséquence des différentes vagues de confiscations à partir de 1790 sur les biens des établissements religieux, des émigrés, des prêtres déportés et des condamnés à mort. L’objet de cette communication de présenter le résultat d’une étude menée sur les confiscations et la mise en œuvre des mesures législatives en matière de bibliothèques dans le cadre du département de la Moselle créé en 1790. Le département comptait alors un peu plus d’une soixantaine d’établissements religieux. Grâce aux inventaires établis par les municipalités on a pu établir une évaluation quantitative approximative en nombre de volumes pour 43 établissements, représentant environ 85000 volumes. A l’origine les bibliothèques confisquées demeurèrent dans les établissements religieux, mais au fur à mesure de l’évacuation des maisons et de la vente du mobilier, il fut nécessaire de les transférer dans des dépôts, désignés sous le terme de dépôts littéraires, ou au siège de l’administration des districts. A Metz, un premier dépôt pour les bibliothèques des maisons religieuse fut installé en 1791 à l’hôtel de l’ancienne intendance, puis un second en décembre 1792 à l’abbaye de Saint-Arnould pour les bibliothèques des émigrés et des prêtres déportés. La question de l’utilisation des bibliothèques confisquées resta en suspens jusqu’à la loi du 8 pluviôse an II (27 janvier 1794), qui instituait une bibliothèque dans chaque district. Celui de Metz décida en avril 1794 d’installer la bibliothèque publique dans le bâtiment où l’administration départementale avait ses bureaux depuis 1791, l’ancien hôtel du gouvernement, mais repoussa son aménagement à l’année suivante. Dans les autres districts l’établissement d’une bibliothèque ne fut pas une des priorités des administrateurs. Le district de Sarreguemines fut cependant le premier à mettre en place une bibliothèque en mai 1794. Avec la constitution de l’an III, promulguée le 22 août 1795, les districts furent supprimés au profit d’une nouvelle organisation territoriale, les municipalités de canton. Ce fut aussi la fin des bibliothèques de district. La question de l’utilisation de leur contenu se posa à nouveau. L’administration centrale du département de la Moselle décida en avril 1796 de réunir au chef-lieu du département toutes les bibliothèques des districts, mais faute de moyens la mesure ne fut que partiellement mise en œuvre. Seules les bibliothèques des districts de Longwy, Morhange et Thionville furent transférées à Metz entre 1796 et 1798. Celle de l’ancien district de Sarrelouis ne fut envoyée à Metz qu’en 1804. En revanche les bibliothèques des districts de Bitche, Briey et Sarreguemines disparurent dans des circonstances non éclaircies au cours du XIXe siècle. 

 

 


Mise en ligne le 10-03-2014

6 février 2014

séance mensuelle du jeudi 6 février 2014

 

 

Communication du R.P. Yves LEDURE, membre titulaire :

 

Sagesses d'hier et d'aujourd'hui

 

Il en va de la notion de sagesse comme celle de bonheur. Nous sommes face à une requête dont on comprend l’exigence mais dont il est difficile de préciser le contenu. De ce fait, les moyens pour atteindre le but restent aléatoires.

Par ailleurs la notion de sagesses n’est pas une réalité uniforme et immuable. Il faut la situer dans son développement historique et en fonction de la diversité des cultures. En ce qui me concerne, je m’en tiendrai à la culture occidentale héritée de la Grèce antique.

La notion de sagesse sôphia apparait au VIIe siècle av. JC dans le poème d’Hésiode La théogonie que l’on peut traduire par «  La naissance des dieux ». Dans ce poème Hésiode développe un monde d’existence de l’homme en interface avec le monde des dieux. La sagesse consiste à mettre en interaction philosophie et théologie pour rendre compte de la condition mortelle de tout exister humain. La philosophie en tant qu’amour de la Sophia, met, selon Platon, l’homme en interrogation de lui-même et de son destin. Cette interrogation postule le discernement, ce que Platon appelle apallagè, de ce qui relève de l’âme et de ce qui relève du corps, autrement du spirituel, l’immuable, et du corporel, l’éphémère. Est sage celui qui construit en lui la demeure de l’immuable, de l’éternel.

 

Communication de M. Arsène FELTEN, membre titulaire :

 

Evolution du réseau ferré mosellan de 1945 à nos jours

 



Mise en ligne le 10-03-2014

23 decembre 2013

séance mensuelle du jeudi 9 janvier 2014

 

 

Communication de M. Jean-François MULLER :


Brève promenade relativiste

 

Quand, impressionné par la beauté mathématique des équations de Maxwell, Einstein décida de prendre à la lettre la conclusion de Maxwell selon laquelle la vitesse de la lumière était une constante universelle, il n’y eut pas de réelles controverses. C’était dans l’air. En effet, les équations de Maxwell avaient été édifiées à partir des expériences de Faraday et rien ne permettait à l’époque de les mettre en doute.

Par contre, Einstein eut l’idée de définir deux axiomes : en premier lieu la lumière se déplace dans le vide toujours à la même vitesse quel que soit le mouvement de la source ou de l’observateur,  en second lieu on ne peut réaliser aucune expérience capable de mettre en évidence un mouvement absolu. Un des premiers paradoxes de la relativité restreinte d’Einstein réside dans le fait que la lumière s’éloigne de nous toujours à la même vitesse et que rien ne permettra de la rattraper, pas même une autre impulsion lumineuse.

A l’aide de deux « horloges à lumières » synchronisées, l’une sur le quai, l’autre dans le train, il apparaîtra que, vue du quai, l’horloge dans le train est ralentie par rapport à l’horloge de la gare. Ce facteur de ralentissement pourrait atteindre un facteur 2 si le train atteignait 90% de la vitesse de la lumière ! 

Sans calculs compliqués, le facteur de dilatation du temps sera expliqué et pour ce faire la ballade partira de Louvigny pour aller ensuite au synchrotron du « National Laboratory de Brookhaven » aux USA. Et s’il reste un peu de temps, un voyage aller-retour vers l’étoile  a du Centaure sera organisé à une vitesse proche de celle de lumière.

 

 

Communication de M. Jean-Louis JOLIN :

 


L'extension du musée de Metz (1970-1980)

 

Inauguré en 1839 le musée de Metz a été agrandi en 1872 puis en 1933. Mais c’est à Gérald Collot, conservateur depuis 1957 qu’on doit l’extension la plus spectaculaire qui tripla le nombre de salles. Dans un site particulièrement favorable qui contient à la fois l’énorme Grenier de Chèvremont et les vestiges des thermes Gallo-romains, il proposa de présenter, suivant l’ordre chronologique, l’évolution de l’architecture à Metz depuis l’antiquité jusqu’à son rattachement à la France.

 

Avec mon confrère Robert Ochs, je fus désigné par la Municipalité pour concevoir le projet d’extension du Musée et en diriger l’exécution. La gestation fut longue, difficile, parfois douloureuse.

 

La conception s’échelonna sur cinq ans (1970/1975). À partir d’un programme à la fois précis et flou, il fallait trouver un enchaînement de salles aux volumes divers et les intégrer dans un tissu ancien, vétuste et à la topographie complexe. Il ne fallut pas moins de 6 esquisses puis 4 stades successifs des plans d’exécution pour figer le projet.

 

Les travaux durèrent autant (1975/1980), émaillés de découvertes - un vestige antique à l’emplacement du monte-charge -, d’ouvrages acrobatiques et de modifications innombrables…

 

La presse européenne fut unanime pour louer le travail du Conservateur lors de l’inauguration le 29 mai 1980. Il reçut, pour cela, le Prix européen des Musées.

 

 



Mise en ligne le 10-03-2014

5 décembre 2013

séance mensuelle de jeudi 5 décembre 2013

 

 

Communication de Mme Jeanne-Marie DEMAROLLE et M. Pierre LABRUDE

 

Un manuscrit inédit de Parmentier retrouvé dans les archives de l'Académie

 

Le bicentenaire de la mort d’Antoine-Augustin Parmentier le 17 décembre 1813 a été inscrit dans la liste des célébrations nationales au titre de 2013.Or, nous avons eu la chance de retrouver dans les archives de la Société royale des Sciences et Arts conservées à la médiathèque de Metz un mémoire de Parmentier qui était considéré comme perdu. Cette communication souhaite faire participer notre compagnie, dont Parmentier devint membre en 1781, aux manifestations de « l’Année Parmentier » qui bénéficie d’un site mis en place par l’Université ParisV –Descartes.

 

Ce mémoire autographe de quatre pages a pour titre « Observations sur la cause de la fertilité des terres ». Parmentier l’a envoyé en 1774, soit deux ans après avoir remporté le premier prix du concours organisé par l’Académie de Besançon sur le thème « Indiquer les végétaux qui pourraient suppléer en temps de disette à ceux que l’on emploie communément à la nourriture des hommes et les moyens d’y remédier ». Alors que le mémoire primé par l’Académie bisontine symbolise le rôle joué par Parmentier dans la diffusion de la pomme de terre, le mémoire envoyé à l’Académie messine ne représente qu’une production mineure dans l’œuvre immense de Parmentier, pharmacien aux Armées, chercheur, académicien, fondateur de nombreuses institutions savantes et « bienfaiteur de l’humanité ». L’intérêt de l’étude envoyée par Parmentier est, en fait,  beaucoup plus historiographique que scientifique. Avant de présenter le mémoire lui-même, tout à fait révélateur au demeurant de la pratique savante de Parmentier, nous nous attacherons à le replacer dans plusieurs contextes : celui de la vie et des travaux de Parmentier, celui de la Société royale de Metz et enfin celui des recherches de chimie agricole au XVIIIème siècle.

 

 

Communication  de Mme Laurette MICHAUX

 

A propos des monuments aux morts de Moselle (1918 - 1939)

 

Les feux de la guerre s’étaient à peine éteints en 1918 que l’Etat français prit en charge la construction de tombes, de cimetières et de monuments régimentaires sur l’ensemble de son territoire, mais il laissa chaque commune s’organiser collectivement pour rendre hommage à ses fils morts à la guerre. Les populations de Moselle se fondirent dans l’ensemble français  pour perpétuer le souvenir des leurs avec toutefois une grande originalité partagée avec l’Alsace voisine : une bonne partie d’entre eux était tombée dans les rangs allemands. L’heure était à l’apaisement et l’administration préfectorale prôna une grande sobriété tant pour les lignes que pour les inscriptions. Cette suggestion, entendue ici, le fut beaucoup moins là, d’où une grande diversité de situations avec toutefois plus d’exaltation de la paix que du nationalisme. Mais une autre originalité caractérise les monuments de Moselle : ils ne connaissent pas le principe de laïcité imposé par la loi de 1905.

Le foisonnement des initiatives a abouti à une multiplicité des réalisations étalée sur toute la période jusqu’en 1938, dans les cimetières, sur l’espace public communal et même dans les édifices religieux, dans les deux tiers des communes qui ont participé à ce grand élan du souvenir.


Mise en ligne le 10-03-2014

7 novembre 2013

Séance mensuelle du jeudi 7 novembre

 

Communication de MM. Jean-Marie ROUILLARD et Jean LAZARE, membres honoraires

 

L’hôpital militaire d’instruction, sa place dans la cité et l’Académie nationale de Metz

 

Un complexe hospitalier, pouvant accueillir de 600 à 2 000 malades ou blessés, construit en 1732, alors unique en Europe, a pendant plus d'un siècle été à Metz un établissement de soins mais aussi un foyer très actif d'enseignement et de recherche. Les auteurs, souhaitent stimuler la mémoire de leurs compatriotes et de leurs confrères en faveur de cette fondation et de nos ancêtres les médecins, apothicaires puis pharmaciens de l'Hôpital militaire d'instruction, jusqu’en 1850 Hôpital Amphithéâtre, qui, interdit d’enseigner en 1850, pour raison politique a poursuivi jusqu’en 1912 son rôle d’hôpital, puis a été remplacé par un établissement plus moderne, et plus proche de la gare dans le quartier de Plantières, l’hôpital militaire Legouest devenu lui aussi hôpital d’instruction.

Depuis l’origine de notre académie quelques uns des enseignants ou anciens élèves célèbres, fondateurs ou membres de notre académie, ont porté le titre de ‘’Bienfaiteurs de l’humanité’’. Pourtant les auteurs constatent et regrettent que l’autre école militaire de Metz, savoir l’école d’application de l’artillerie et du génie pourtant créée plus tard, en 1802 soit plus souvent citée comme fondatrice de notre académie. Sans vouloir opposer les deux écoles, celle des ‘’armes savantes et celles de la santé’’, ils souhaitent rappeler quelques éléments à la gloire de l'établissement de la Double Couronne du Fort Moselle. Cet hôpital, école de médecine, a donné la possibilité à des élèves souvent messins motivé mais peu fortunés de devenir très jeunes, aides chirurgiens ou surnuméraires ou officiers de santé et plus encore. Il a formé plus de 700 chirurgiens dont bon nombre sont morts au champ d’honneur. Tout d’abord, lorsque l’académie naissante sous la protection du maréchal de Belle Isle a jugé urgent d’offrir aux messins un enseignement public de physique et de chimie c’est l’apothicaire major Peyevieux de l’hôpital militaire qui a été le premier enseignant. Dès l’obtention des lettres patentes créant l’académie, le docteur Pierre Mangin, premier médecin de l’hôpital militaire du Roi, fur choisi pour participer au premier cercle, de même le docteur Read, spécialiste de l’ergotisme. Mais surtout un des premiers correspondants fut Antoine Louis, docteur en droit et en médecine, inventeur de la médecine légale et chargé au moment de la Convention d’améliorer l’outil qui servit aux exécutions capitales. Des chimistes de grand talent ont honorés notre compagnie : Thyrion, Du Tennetar, et bien d’autres sous l’ancien régime jusqu’à la tourmente révolutionnaire. Notre compagnie disparue en 1793 ressuscitée en 1819 a retrouvé toute son énergie grâce au chirurgien Pierre Etienne Gorcy, futur médecin chef des armées et fondateur de la Société des Sciences Médicales de la Moselle. Il a entrainé dans notre cénacle pour communiquer ou faire des cours publics des hygiénistes, des épidémiologistes, des chimistes dont nous n’avons ici la place que de citer leurs noms, Marchant, Sérullas, Gasté, Lallemand, Ibrelisle, Chaumas, Bégin, Maillot, les  Laveran père et fils, dont le fils fut prix Nobel pour la découverte de l’agent du paludisme, maladie que Maillot avait réussir à reconnaître parmi les autres fièvres intestinales et soigner par la quinine, Scoutetten, Michel Lévy, Isnard, Hénot, Langlois, Dieu, et surtout Gréllois, le médecin chef des ambulances pendant le siège de 1870. Certaine rues de Metz ou agglomération portent le nom d’académiciens médecins militaires la ville ayant souhaité les honorer, il en manque et aucune statue ne rappelle leur visage dans notre ville pourtant si riche en histoire militaire. Après la rupture due à l’annexion 70-18 l’hôpital militaire Legouest nouveau a poursuivi sa mission. Le médecin général Raymond Bolzinger a été académicien titulaire très actif, et président de notre compagnie. Les auteurs ont conclu : Nous avons l'espoir que dorénavant, au moins dans notre cénacle, le souvenir de nos ainés du Fort Moselle sera évoqué à sa juste place.

 

 

 

Communication de Mme Rosette CHONÉ, membre associé libre

 

Livres d’artistes

 

Comment trouver le mot juste qui exprime la source de cette expression graphique qui monte du plus profond de l’être ? Le livre d’artiste est un document qui relève de l’intime, de la  vision personnelle du monde. Livre unique, il est la signature autographe d’un artiste, qu’il soit peintre ou poète, architecte, sculpteur ou musicien. Ce n’est qu’au début de 1970, à la lumière de travaux de plasticiens, que le livre d’artiste est entendu comme œuvre d’art à part entière, conçu, exécuté et exposé à l’instar de ses autres productions.

 

Plus que n’importe quel ouvrage, le livre d’artiste, résultat entre une pensée originale et son expression,  crée un lien d’intimité ou un clin d’œil, entre le créateur et son lecteur. Précieux, il reste peu connu, rare et cher… au même titre qu’un tableau ou une sculpture. En aucun cas, la technique d’expression choisie, manuelle ou offset, ne crée la valeur intellectuelle du livre. Trop petit ou trop grand, trop fragile ou trop cher, en langue inusitée ou étrangère… Le maître mot c’est la liberté du livre hors normes.

 

L’avenir dira ce que la révolution numérique peut bousculer dans cette approche traditionnelle du livre.


 

 

Académie nationale de Metz - 20 en Nexirue - 57000 Metz - Tél. 0387752973 / Fax 0387755635 - academiemetz@numericable.com

© Académie nationale de Metz - 2011 - Tous droits réservés

Conception et réalisation Bialec